Anima et animus.

Une petite incursion dans le monde de l’invisible, celui qui effraye certains, qui exalte la curiosité des autres, mais qui jamais ne nous abandonne. Quoique nous fassions il s’impose à nous. Dans l’ombre de notre conscience il règne sans partage. Il se fait plus pressant si nous le négligeons, plus dangereux si nous l’oublions, destructeur si nous le nions. Grâce à l’exploitation des rêves, la psychologie des profondeurs et la psychanalyse, nous cernons sa vitalité, nous mesurons la puissance de son activité.

A mi-chemin entre le volcan rouge qui crache le feu au rythme pendulaire de ses entrailles, et le volcan gris qui sommeille dangereusement dans un temps universel oublié des hommes, notre inconscient s’enracine et légifère au cœur de notre vie.

Là, bien lové, il développe un stratagème subtil, une alchimie d’éternité, l’édification de l’idéal féminin chez l’homme, appelé Anima par C.G. Jung. Notre compagne n’est pas en reste, chez elle, il se nome Animus.

Les images de l’âme, voici bien des contrastes constatés, une opposition des plus marquée de notre psychisme. Le problème engendré par cet aspect de la nature, s’étudie et s’éclaire dans notre vie quotidienne et dans notre vie intérieure, s’envisage sous l’angle de la conscience et de l’inconscient. La polarité fondamentale masculine-féminine, se révèle de multiples formes au cours de la vie. En apparence, cette dualité ne crée pas de difficulté, deux êtres se plaisent, s’accouplent, procréent. Cette union s’accomplit dans une compensation inconsciente. La vie du couple est réglé selon les lois biologiques et sociales. Est-ce l’effet de l’évolution des mœurs, la libération des consciences, la soif de vivre pour faire échec aux violences du monde, « la révolte de la créature », mais pour beaucoup d’êtres humains l’amour est le problème central de la vie.

La volonté et le raisonnement ne font rien à l’affaire, quand on est pris on est pris. Comme un lion qui frappe les barreaux de sa cage en rugissant, des femmes et des hommes se débattent dans des situations qui leur tombent dessus comme le filet du chasseur sur l’animal qui pourtant vaquait librement à l’instant. Tout est tellement soudain.

Depuis la nuit des temps, les effets de la passion amoureuse sont connus mais ses véritables causes nous échappent souvent. Certes, deux êtres s’attirent. Dans un désir de simplification et pour mieux servir ma réflexion, disons l’homme et la femme.

Cette attraction est d’ordre sexuel, la beauté attire, mais le contraire aussi. On peut avoir de l’admiration pour l’aisance de la parole, la beauté du geste, l’inflexion galbée de la grâce, l’intellectuel brillant, l’artiste créatif, l’effacement, la discrétion ont leurs adorateurs.

Jung, parmi une foule de spécialistes, développe abondamment sa conception de l’image de l’âme. Selon lui, elle naît chez l’homme de l’image de la mère, la première impression de la femme, son premier grand amour. Chez la femme, le père porte cette image. Les rencontres ultérieures, dans l’enfance et l’adolescence modifient ces images idéales, mais elles sont préformées dans notre inconscient par le miroir des expériences ancestrales inhérentes à chacun de nous. Notre édifice psychique remonte à la nuit des temps, il est rythmé par l’évolution de l’espèce humaine. Nos archétypes prennent vie dans cette mouvance immémoriale. L’image de l’âme occupe les lieux à notre insu.

Mais alors qu’elle est son rôle, comment vit-elle, que fait-elle ?

Comme le volcan gris, elle sommeille, comme lui, vivante et invisible, elle s’enflamme soudain… Une personne portant des traits essentiellement analogues à cette image nous apparaît. Quel que soit la nature du sentiment, la relation sera violente, irrésistible, magique. Cela peut engendrer plusieurs réactions et comportements.

Pris dans ce vertige incompréhensible, l’homme, de nature plus cartésien que la femme prend la fuite, blessant son amante, et court se réfugier dans les bras d’une femme objet qu’il n’aime pas, il choisit de protéger sa mâle autonomie, niant l’état amoureux.

D’autres, ne surmontant pas d’être abandonnés projettent leur amour sur un, ou une autre, comme cela toute la vie sans jamais trouver la paix. Une espèce de fuite en avant.

La projection de l’Anima ou de l’Animus est une source de bonheur mais aussi une source de malentendus. La particularité de la projection inconsciente est que l’on voit dans l’objet aimé une partie de soi même et non pas l’être que l’on croit aimer.

Cela se nome la fusion, elle voile un temps plus ou moins long une profonde déconvenue. C’est la source vive des grandes épreuves destructrices.

L’intensité de l’échec est proportionnel à la distance qui sépare la vie réelle et matérielle des fantasmes romanesques qui sont le pur produit d’un imaginaire exalté.

Il est tout aussi inconfortable, pour l’être aimé, de se maintenir dans la parure d’une fée moderne, top modèle ou célèbre égérie, que pour le responsable de ce débordement, de découvrir qu’il a rencontré une nymphe de ruisseau, une Vénus de barrière, à moins qu’il se nome G. Brassens ou qu’il s’abandonne naturellement à la poésie.

La magie jaillissant de l’image de l’âme peut largement submerger la logique, les valeurs convenues et les autres, les bonnes intentions, les traditions et le bon sens…

D’ailleurs le bon et le « mauvais » sens populaire ne se trompent pas, « je l’ai dans la peau, c’est plus que ma vie, je suis fou d’elle, sans lui je n’existe plus », etc. Mon Dieu…

L’analyse des rêves peut révéler le caractère psychologique des projections, permettant de dissocier la projection de l’être réel porteur de l’image.

Notre bisexualité s’expliquant naturellement par nos origines maternelles et paternelles, l’un des deux pôles agit en nous d’une manière consciente et l’autre d’une manière inconsciente… « choisis ton camp, quoi que… »

La partie invisible, donc inconsciente, est particulièrement active. Chez l’homme , l’Anima représente sa féminité inconsciente, incontrôlée, d’où l’éros capricieux bien connu.

Chez la femme, l’ Animus se révèle comme une intellectualité percutante.

Dans l’homosexualité, Anima et Animus permutent avec le naturel. L’ homme devient capricieux, sentimental, fantaisiste, doué dans le domaine de l’art.

La femme, dans ce cas développe une intelligence plus logique, une énergie étonnante, elle entreprend et rivalise dans les postes de commandement avec l’homme.

Qui n’a pas connu l’effondrement causé par une disparition, la souffrance d’une séparation, l’ébranlement d’un équilibre et de toute une vie quand l’autre nous quitte. C’est en terme de métamorphose que l’on pratique un revirement complet, un transfert de libido.

La situation devient Dantesque, ou Cornélienne, selon nos sources. Il est urgent alors de trouver un nouveau modus vivendi qui offre une nouvelle base à la compréhension des deux âmes et non plus sur l’illusion.

Dans l’irrémédiable déchirure, l’être concerné par la solitude tentera de construire une vie indépendante pendant quelques temps. Si les forces ne le quittent pas, il trouvera dans l’introspection le moyen de ranimer les forces détruites ou cachées. L’action, les projets, le regard sur les autres et sur le monde maintiendront l’éternelle Idole en réserve afin qu’un jour, un matin de printemps, dans le regard d’une femme ou la voie chaude et rassurante d’un homme, elle renaisse de ses cendres.

jack mandon

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