Association Ecoles du Monde – Acteurs en Education. 14 pays visités pour comprendre les pédagogies.

Isabelle SERVANT, après 10 ans dans l’enseignement, vous vous êtes dirigée vers,  je cite, «des projets de cœur » tel le manuel scolaire « Apprendre le Français avec le cinéma Français » (www.cinemafrancais-fle.fr) et depuis septembre 2011 l’Association Ecoles du Monde – Acteurs en Education (EMAE) que vous avez fondée et dont vous êtes la Présidente. Cette Association a pour but d’étudier les différents systèmes éducatifs publics du Monde, dans une approche humaniste.
Alors Isabelle, avec EMAE, vous avez pris le parti « d’œuvrer pour » en mettant en lumière ce qui fonctionne déjà en matière d’éducation de phttp://www.radioeveil.fr/wp-admin/post.php?post=597&action=editar le monde et en vous inspirant des meilleures pratiques et des meilleurs outils pédagogiques.

– Expliquez-nous cette belle envie de regarder et de faire sous un angle nouveau.

L’idée est avant tout de faire un état des lieux de ce qui se passe actuellement dans le monde en matière d’éducation publique, et les différentes orientations actuelles. Nous découvrons petit à petit que les choix politiques, culturels et pédagogiques en matière d’écoles varient considérablement d’un pays à l’autre. Nous ne nous attendions pas à une telle diversité de finalités et de pratiques. Cette diversité éducative nous amène à nous interroger sur les missions et priorités actuelles de l’école : Quelle éducation pour le 21ème siècle ? Que transmettre en priorité et comment ? De quoi les enfants ont-ils besoin individuellement et collectivement ? Cette exploration internationale élargit notre champ des possibles, nous interroge et nous offre des pistes pratiques intéressantes.
– 14 pays sont concernés par cette exploration pédagogique, quels sont-ils et où en êtes-vous de votre expédition ?

Ces 14 pays ont été sélectionnés sur 3 critères : les pays les plus performants selon l’enquête PISA 2009 (Chine, Finlande, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Corée du sud, Pays-Bas), les pays les plus peuplés de la planète (USA, Brésil, Russie, Inde) et 2 pays à pédagogie atypique (Islande et Suède). Concrètement, cette enquête représente déjà plus de 50% de la population mondiale.
Cela nous donne également une meilleure vision de l’orientation mondiale actuelle…
Nous avons visité déjà 7 pays : les 4 pays européens, l’Inde, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Le Canada est en cours, nous partirons en Chine en octobre et en Australie en fin d’année…
Nous espérons également ouvrir une plateforme collaborative de type wiki, une sorte de wikipédia spécialisée dans les écoles du monde et leurs différentes pratiques pédagogiques. Cette plateforme permettrait aux différents acteurs de l’éducation (parents, enfants, enseignants, décideurs, etc.). Tous les pays ont quelque chose à nous apprendre… La plateforme est une solution pour partager et apprendre de chacun.

– Quelle est la pratique qui vous a le plus inspirée à ce jour de votre périple ?

La question est particulièrement difficile car cela dépend de la finalité recherchée… La valorisation des talents et potentiels de chacun, la compétence sociale, l’épanouissement et le bonheur, l’égalité des chances, la préparation du monde de demain, la performance, …
Malgré tout, deux pratiques m’ont particulièrement touchée pour des raisons personnelles.
La 1ère est l’attention que l’on porte aux enfants précoces aux Pays-Bas, avec des ateliers pour répondre à leurs besoins spécifiques. Je ne l’ai observée que dans ce pays, et cela semble relativement commun là-bas. Ces enfants ont des besoins singuliers auxquels on répond rarement. Un directeur d’établissement me disait que 20% des enfants de son école sont précoces. Cela soulève la question des besoins des enfants d’aujourd’hui…
La deuxième pratique n’a été observée qu’une seule fois, en Inde. Dans cette école, les enfants sont amenés à pratiquer 5 minutes d’introspection par jour. Ils revoient leur journée et tentent de tirer le fruit de leurs expériences : Qu’ai-je bien fait aujourd’hui ? Comment puis-je faire les choses mieux ? Que puis-je corriger ? L’objectif est de les amener à faire des choix en conscience et être responsables de leur vie.
Ceci dit, mon objectif est normalement de témoigner de pratiques qui sont mises en œuvre dans la totalité ou la majorité des écoles publiques du pays – même si j’en profite pour repérer les pratiques innovantes ou avant-gardistes. Les informations sont en ligne sur notre site, listées par pays : www.ecolespubliques.com/tourdumonde
Les sources d’inspirations sont nombreuses et on trouve de belles pratiques dans tous les pays, ça c’est la bonne nouvelle! Notre boîte à idées pédagogiques se remplit petit à petit… et précise les pratiques intéressantes selon la finalité recherchée.

Maintenant, quel est l’objectif à atteindre ? Quelles sont les missions de l’école ? Le bonheur et l’épanouissement de chacun ? La performance ? L’égalité des chances ? La préparation pour le monde de demain ? Apprendre à bien vivre ensemble ? La valorisation des potentiels, … ? Ou un équilibre entre tout cela ?
A ce jour, seule la Finlande a assez bien réussi dans toutes ces finalités. La tendance actuelle, notamment sous l’effet PISA, est de privilégier la performance. Il est important de prendre un pas de recul, de se rappeler les missions de l’école, nos objectifs et nos priorités. La réussite scolaire n’a-t-elle pour but que la réussite professionnelle ?
– Vous parlez de constituer un réseau d’enseignants volontaires en ce qui concerne LE grand projet de l’Association qu’est le cours universel et dont « un monde…..un cours » en est le concept.

Le grand projet de l’association reste en effet le projet de « cours universel » : Imaginons un cours « universel-international » (2h par semaine), un même cours qui serait enseigné dans toutes les écoles primaires du monde pour aller vers un monde solidaire, pacifiste et heureux. Un pas vers notre avenir, commun à tous…Que contiendrait ce cours ? De quoi tous les enfants ont-ils besoin pour le monde de demain ? Quels savoirs, savoir-faire, savoir-être, valeurs et expériences devons-nous transmettre en priorité pour un monde solidaire, pacifiste et heureux ?

L’idée est d’amener les enfants à réfléchir concrètement à ce qui nous unit tous, à leur donner la parole et les inviter à nous faire part de leurs propositions. Il est temps de donner aux enfants leur place dans ce monde en évolution, de les écouter, de les faire participer, de les préparer et de leur faire confiance.
Cette coopération ou co-création internationale d’enfants se met en place petit à petit. Nous commençons à avoir des contacts dans le monde entier. L’UNESCO semble également intéressé mais cela prend du temps et de l’argent. S’il y a des mécènes, nous sommes preneurs…
– Vous aviez des projets de supports pédagogiques en recherche d’éditeurs, qu’en est il ?

Les éditeurs sont à présent trouvés, des éditeurs connus et reconnus (Actes Sud et Playbac), dont j’apprécie les valeurs et l’engagement. J’ai vraiment envie de travailler avec eux. Nous sommes des idéalistes pragmatiques. Jusqu’à présent, mais je n’avais pas eu le temps de me consacrer à l’écriture… mais bonne nouvelle, je viens de commencer !
Il existe aujourd’hui de nombreuses écoles alternatives développant des techniques différentes de celles pratiquées dans l’école Publique et tendant, il me semble, vers des valeurs souvent proches voire égales à vos croyances. Malheureusement ces écoles restent encore pour de nombreuses familles, pourtant convaincues, inaccessibles de part leur coût.

– Est ce la votre choix et peut être une éventuelle solution de s’appuyer sur l’école Publique ?

Il y a de belles pratiques « positives » partout, y compris dans l’école publique. On en parle trop peu et il s’agit davantage de choix individuels liés à chaque enseignant qu’à des choix et considérations pédagogiques, acceptées par tous, et enseignées de fait dans la formation d’enseignant. Je crois qu’en France nous manquons cruellement de projet de société et donc de véritable projet d’éducation… La forme ne précède pas le fond comme nous l’avons vu avec la polémique autour des rythmes scolaires. De quoi nos jeunes ont-ils besoin dans le monde d’aujourd’hui et de quoi auront-ils besoin, individuellement et collectivement, pour le monde de demain ? Nous avons besoin d’un projet fédérateur, qui nous amène à vouloir aller de l’avant positivement et valoriser tous nos talents.
L’approche globale émancipatrice des écoles dites alternatives est pratiquée à l’échelle d’une nation dans certains pays du monde, comme dans les pays nordiques ou en Océanie par exemple… En Suède ou aux Pays-Bas, ces écoles sont gratuites… Tout comme la pédagogie Montessori est communément pratiquée en Inde pour les plus petits. C’est un choix politique et culturel avant tout.
– Ce projet a été financé à 106 % grâce aux dons collectés, vous attendiez vous à ce bel élan ?

Autant croire en ce que l’on fait ! Nous l’espérions… et nous sommes reconnaissants à tous ceux qui nous ont soutenu et fait confiance. Et ce n’est pas fini ! Nous avons de beaux projets dans nos tiroirs et sommes sur les starting-blocks pour les lancer. L’argent reste un moyen incontournable mais nous ne vendons rien, nous impulsons une nouvelle dynamique : nous posons des questions de fond, nous apportons des réponses pratiques issues du monde entier, nous donnons la parole aux enfants, nous valorisons les talents de notre jeune génération. C’est utile et nécessaire…
– Quels sont vos besoins pour passer du rêve à la réalité ?

Notre équipe est investie et motivée mais nos projets nécessitent des moyens financiers que nous n’avons pas actuellement. Difficile de jouer à Mac Giver tout le temps et faire des miracles avec deux bouts de ficelles… Nous avons de vrais projets, il nous faut une vraie équipe, avec du temps et des moyens. C’est notre challenge pour cet été et les mois à venir. S’il y a des spécialistes de la recherche de financements, des partenaires, des sponsors, des mécènes,… n’hésitez pas à nous contacter (contact@ecolespubliques.fr). Les projets en cours de développement sont tout simplement des bijoux et peuvent faire une réelle différence.

– Avez vous d’autres rêves à concrétiser et si oui, restent-ils tous dans l’univers éducatif ?

« Un objectif, ce n’est rien d’autre qu’un rêve avec une échéance » disait Napoléon Hill (http://fr.wikipedia.org/wiki/Napoleon_Hill)… Je suis une passionnée, j’ai beaucoup de rêves (et d’idées !) mais une chose après l’autre. Toutefois, il faut se donner les moyens de ses ambitions et passer du rêve à la réalité! Ça veut dire agir, essayer…

Je rêve d’un monde solidaire, pacifiste et heureux et je mets mon énergie à le concrétiser ! Idem pour l’équipe. Nous pensons que l’éducation est un levier fort dans ce monde en mutation. Nous, nous essayons d’avoir une approche globale, positive et internationale. Nous essayons également d’être visionnaire, c’est notre dynamique.

Pour ma part, je suis attachée à « la transmission de l’essentiel » . Cela reste au cœur de ce qui me touche, de mon engagement et de mon apprentissage !

 

Facebook:  https://www.facebook.com/EcolesDuMondeEMAE?hc_location=timeline

Le Site: http://www.ecolespubliques.fr/

 

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