Biofermes : Ensemble, faisons germer les petites fermes agroécologiques et autonomes

Biofermes : Ensemble, faisons germer les petites fermes agroécologiques et autonomes

 

Interview – Clotilde Bato est directrice de l’organisation de solidarité internationale SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires, elle est à l’origine du nouveau projet de l’association Biofermes.

 

Pourriez-vous présenter l’association SOL ?

 

ClotildeSOL est une association de solidarité qui a vu le jour en 1980. Nous appuyions des initiatives créées pour et par des organisations locales d’Afrique, d’Asie et de France sur le long terme. L’association a pour objectif de participer à la satisfaction des besoins essentiels des agriculteurs paysans et à la valorisation de leur rôle dans la société. Nous agissons plus particulièrement sur deux volets d’interventions : l’accès à une agriculture paysanne, l’agroécologie et la protection des ressources naturelles et de la biodiversité.

Nous souhaitons véritablement être passeur de changement et nous souhaitons avant tout replacer l’Homme au cœur de son environnement et favoriser l’autonomie des populations.

Aujourd’hui, nous sommes 4 salariés à travailler au quotidien sur nos projets comme Biofermes en France, en Inde et, au Sénégal. Nous nous positionnons aussi en France et au niveau international pour des combats qui nous tiennent à cœur comme la réforme de la PAC, les traités de libre-échanges agricoles, la libéralisation des semences paysannes, les accaparements de terres ou pour la justice climatique comme le montre notre appui au Tribunal contre Monsanto qui s’est tenu à La Haye en 2016 et 2017.

 

Vous menez également de nombreux projets à l’étranger, pouvez-vous nous en dire plus ?

 Oui, en effet, SOL intervient dans différents pays depuis ses débuts. Nous sommes tout d’abord engagés historiquement en Inde et nous y avons développé plusieurs projets comme Bio-écoles ou encore les Graines de l’Espoir. Ce dernier projet a pour objectif d’agir pour la préservation des semences paysannes et pour favoriser l’autonomie des populations rurales marginalisées et leur permettre une plus grande résilience face au changement climatique. Par exemple, nous formons les paysan.ne.s à l’agroécologie, nous identifions avec eux/elles des semences résistantes au changement climatique, nous les formons également à devenir des gardien.ne.s de semences pour favoriser les échanges entre les membres des villages et assurer l’autosuffisance de tous. C’est un magnifique projet que nous menons avec l’organisation Navdanya, co-fondée par Vandana Shiva, avec qui nous travaillons depuis plus de 10 ans. Par ailleurs, le projet vient tout juste d’être récompensé par le prix Solutions Genre et Climat, pendant la COP23 à Bonn, en novembre 2017. Ce projet est un véritable succès et il a inspiré un autre projet d’envergure que nous menons : Biofermes Internationales.

 

Il s’agit d’un important projet multipays qui, en Inde, en France et bientôt au Sénégal, incarne la vision d’une agriculture jouant pleinement son rôle économique, sociétal et environnemental. Promouvoir cette approche auprès du grand public, la rendre accessible à toujours plus d’agriculteurs indiens et français, telle est l’ambition du projet de « Biofermes Internationales » que SOL et ses partenaires, Navdanya et Intelligence Verte, ont lancé début 2016.

 

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Biofermes France est un projet très récent, pourquoi mettre en place ce projet de soutiens en France ?

 Biofermes France est notre premier projet d’envergure mis en place en France. Auparavant, nous avons surtout agis localement (en région Occitanie) et surtout sur le plaidoyer. Nous sommes partis d’un constat alarmant qui nous a poussés à agir : 70 % de notre alimentation est produite par de petites fermes (FAO, 2014) et en parallèle en France, nous allons perdre 45 % de nos paysans d’ici 2020 (Insee 2009). Les facteurs de déprise sont multiples : pression foncière, contraintes naturelles, pression urbaine, faible renouvellement des exploitations, perte de biodiversité, etc. Il est urgent et nécessaire d’agir. La perte de nos petites fermes nous touche tous : à la campagne, cela appauvrit directement l’économie et les liens sociaux locaux et c’est aussi un problème qui se retrouve dans nos assiettes à nous tous. Hors, les petites fermes nous permettent de disposer d’aliments sains et durables.

Le projet vise ainsi à soutenir en France, de la graine à l’installation, les personnes souhaitant devenir paysan.ne.s. L’objectif : atteindre une autonomie économique et alimentaire, tout en protégeant et en restaurant la biodiversité de leur territoire. Nous partons de l’expérience de la Ferme de Sainte Marthe, en Sologne et avons pour objectif de développer un réseau de petites fermes formatrices à travers toute la France. Nous avons ainsi déjà formé plus de 111 personnes aux pratiques agroécologiques, comme la permaculture par exemple, et à la préservation des semences ; 13 d’entre eux ont pu bénéficier gratuitement d’une formation de terrain. Les phases d’installation étant longues, 4 d’entre eux sont déjà ou en phase d’installation.

Dans ce cadre SOL et l’organisation Intelligence Verte (organisation fondée par Philippe Desbrosses, un des pères de l’agriculture biologique en France) ont décidé d’agir en s’associant avec d’autres acteurs du milieu : avec les petites fermes, grâce à un réseau de 7 petites fermes formatrices dont celle du Bec Hellouin, les réseaux paysans français comme la FADEAR. Il est très important pour nous de nous entourer de tous ces acteurs car nous ne pouvons atteindre notre objectif qu’en travaillant collectivement.

 

Biofermes formation

 

Il me semble que vous êtes en pleine campagne de financement de Biofermes France justement, comment est-ce que cela se passe ?

 

Nous avons lancé une campagne de financement le 17 octobre dernier avec pour objectif : collecter 67 000 € en 60 jours. Un bel objectif nécessaire. La collecte va nous permettre de véritablement développer notre projet. Avec cette somme, nous pouvons agir sur différentes parties du projet : l’agroécologie, les semences et l’autonomie.

 

En termes d’agroécologie, avec cet argent, nous allons offrir la formation à 6 futurs paysans, de la graine à l’installation au sein de nos réseaux de petites fermes et créer de véritables kits de sensibilisation à destination des formés. Nous souhaitons aussi développer le conservatoire pédagogique de semences anciennes de Sainte Marthe, base de la formation semence, son jardin de semences et rénover le hangar pour permettre le séchage des semences. Ce lieu bénéficie aux formés mais est aussi ouvert au grand public : les écoles, les jardiniers amateurs, …  Pour le volet autonomie, nous allons élargir notre réseau de petites fermes formatrices pour permettre à chaque formé de mieux se préparer à son installation grâce à une formation de terrain. Aujourd’hui, les bénéficiaires du projet suivent d’abord une formation à la ferme de Sainte Marthe (45 jours) puis ils ont la possibilité de se former deux mois de plus au sein des 7 autres petites fermes du réseau afin de découvrir plus d’alternatives et aussi se spécialiser dans la culture maraîchère, l’élevage, …

Tout au long de cette campagne nous avons été incroyablement surpris par l’engouement qu’a provoqué cette collecte pour le projet Biofermes et nous sommes ravis que tant de personnes s’intéressent au sujet !

A quelques jours de la fin de la campagne, nous avons collecté plus de 65 % de l’objectif ! C’est vraiment génial et nous espérons atteindre les 67 000€ avant samedi 16 décembre ! Nous sommes déjà soutenu par près de 50 personnalités comme Pierre Rabhi, Philippe Desbrosses, Coline Serreau, Cyril Dion, Vandana Shiva et bien d’autres … et nous avons la chance d’avoir déjà 400 donateurs qui nous soutiennent.

 

Aujourd’hui, de quoi avez-vous besoin ?

Notre priorité aujourd’hui est d’atteindre les 100 % de notre objectif de collecte pour le projet Biofermes sans quoi, les avancées de ce beau projet seront remises en cause. Pour cela le soutien de chacun est important et peut se traduire de multiples manières : tout d’abord en faisant un don depuis la plateformes KisskissBankbank et ainsi bénéficier de belles contreparties et de déduction fiscale, en parlant du projet autour de vous et en suivant Biofermes sur les réseaux sociaux.

Chaque soutien compte ! Merci d’avance à vous tous.

 

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Merci. 

Alexandre Lecouillard de Radio Eveil

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