Entre fatalisme et naïveté.

Entre fatalisme et naïveté.

Je réfléchissais encore sur la précipitation de nos actions et la croyance inhérente en un résultat bon/immédiat qui en découlerait, ainsi que le sentiment d’urgence permanent qui rythme nos vies. On retrouve par exemple cette problématique avec la médecine. Nous engloutissons des médicaments à l’effet thérapeutique instantané et nous sommes contents. -tout ça pour quoi, une fois de plus, être rétabli plus vite, pour retourner au travail plus vite, et fournir un travail bon, rapide: pas d’éclopés pour nous ralentir-. Bref, des années après on apprendra que ce n’était pas si bon que ça (Gardasil, pilules 3ème G et tous ces médicaments/vaccins remis en question, la liste est longue). Il en est de même pour l’amiante, comme les déchets nucléaires, comme les pesticides, comme l’huile de palme, comme l’aspartame… A nouveau un problème d’horloge, mais biologique cette fois.

 

Pourquoi ne prend-on pas le temps de s’écouter, de soigner le fond, avec des traitements qui nécessitent une compréhension profonde, du corps ET de l’esprit? Par réflexe, panser les fissures avec des solutions bidons, des gros sparadraps chimiques, colmater rapidement pour continuer à avancer coûte que coûte. Pourtant nous le voyons arriver de loin ce revers de la médaille, ce côté néfaste. A-t-on la flemme de bien penser? Est-ce par manque de motivation que nous nous négligeons, notre « nous » sur le long terme ? Cela découle-t-il d’un sentiment d’inutilité à prendre soin de soi? Finalement ne serait-ce pas un manque de considération de l’être humain ? Un profond manque de confiance? Se dire « bon allé on ne va pas s’appesantir là-dessus, si on commence à tout remettre en question hein, alea jacta est, ça marche pour l’instant c’est l’essentiel, et puis si ça me détraque à la fin tant pis ». D’autant plus que ce n’est pas comme si toutes ces affaires étaient secrètes maintenant (bien qu’un bon nombre soient encore tenues secrètes évidemment : le pouvoir des lobbies et un monde régi par l’économie, encore un autre énorme débat). Mais autant au début, j’imagine que les gens ont eu une foi aveugle, une confiance sans faille en une idée de progrès forcément inhérente à la science et aux technologies…mais depuis, nombre d’affaires ont éclaté, nous avons tous entendu parler de tel ou tel scandale. Alors comment peut-on encore accepter, sans recul, de foncer dans le mur. Il ne s’agit pas d’être obscurantiste pour autant, mais mesuré, savoir prendre du recul. La science et la médecine ont fait avancer énormément de choses aussi, c’est indiscutable.

 

Mais prenons l’exemple des gaz de schiste. Comment, en 2014, peut-on encore se lancer dans ce genre d’exploitation vouée à un échec environnemental et sanitaire certain? Je sais que pour les dirigeants ce sont des enjeux économiques et géopolitiques, une doctrine capitaliste imperméable, une logique majoritairement anti-humaniste qui guident leurs choix. Soit c’est la majorité décisionnelle, néanmoins ils demeurent une minorité numéraire. Mais nous (la plupart de « nous ») comment se fait-il que nous ne criions pas tous -d’une seule et unique voix- au scandale ? Parce qu’on s’en fout de se protéger ? Non. C’est pire. Au final l’immédiat, l’urgence de la solution –bancale- est devenue notre leitmotiv. Peut-être même que ça l’a toujours été. Est-ce que nous sommes tous vastement déprimés, avec comme refuge des paradis artificiels, ne trouvant une satisfaction illusoire qu’en s’injectant un rapide fix en intraveineuse Notre manque de réaction, de considération, d’autodéfense, de prise de recul, de questionnement, d’indignation, notre résignation, symboliseraient-ils une certaine dépression globale à l’échelle de l’humanité? Sommes-nous tous des scorpions qui se piquent et se tuent de leur propre venin. Venin qui serait une forme d’apragmatisme, ou, au mieux, depuis que nous sommes un peu conscients, un basculement vers une aboulie (prise de conscience qui nous procure par la même occasion un sentiment de culpabilité à l’inaction). Tout cela, je pense, provient d’un manque de confiance en l’Homme, un doute de nos capacités à nous auto-gérer et à pouvoir créer le meilleur, pour nous. Incapables de nous projeter dans l’avenir, nous ne pensons pas aux générations futures, à nos descendances, parce que nous n’y croyons pas. C’est terrible. Cette pensée capitaliste du « tout, tout de suite là maintenant » s’est lentement distillée dans nos modes de penser, d’agir, de prévoir (ou plutôt de ne pas prévoir), dans nos réflexes, nos spontanéités. Il faut tout faire/tout prendre maintenant, puisqu’après il n’y aura plus rien, et pire « je » ne serais plus rien. Je comprends maintenant pourquoi cette doctrine a (jusque-là) moins pris sur des peuples orientaux par exemple. En effet difficile d’éprouver un sentiment d’urgence et de nécessité de consommation ou d’accumulation « avant la fin » quand on en est probablement à sa 6ème vie et qu’il nous en reste peut-être encore 10 à vivre. Je comprends que l’on respecte bien plus la nature et le monde qui nous entoure lorsque nous pourrions nous réincarner en une plante ou un animal quelques siècles après notre mort « humaine ».

 

Cet état général « dépressif », dans lequel nous sommes plongés, hagard, peut-être vient-il du fait que nous sommes déracinés. J’entends par là, que nous avons perdu l’essence même de nos valeurs, qui sont des valeurs simples et basiques : être à l’écoute et en harmonie avec ce et ceux qui nous entourent. Savoir se servir de ce que la nature nous a offert, tout en la respectant. Etre en paix avec les autres et avec soi-même. Respecter son corps et son âme. Nous en avons été éloignés par des inventions superflues de besoins et de valeurs créées de toutes pièces pour manipuler nos cerveaux influençables: l’argent, la possession, la compétition, la concurrence, le paraître, l’injustice, le pouvoir… Alors on se traîne, et on avale des antidépresseurs (pour les plus conscients d’entre nous). D’autres quant à eux se diront heureux, par raccourci ou inconscience. Certains encore, feront semblant de ne pas comprendre mais se targueront d’un jugement « intellectuel » de ces quelques lignes, les accusant de profond pessimisme ou de délire hippie sans intérêt. Entre fatalisme et naïveté.

 

Texte de : Anaïs Drch / Derache

 

 

 

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