Les Hurlements d’Léo chantent Mano Solo !

Les Hurlements d’Léo chantent Mano Solo !

Les 7 membres du groupe préparent une tournée reprenant les grands titres de Mano Solo. Elle débutera en automne prochain et l’album est en préparation !
Rencontre avec Jojo (Jocelyn Gallardo), l’accordéoniste du groupe depuis 1996. Date à laquelle, une rencontre décisive, celle d’un ami qui lançait sa boîte de production répliqua à l’un de leur concert intimiste : « J’aime bien ce que vous faîtes, ça vous dit de vous lancer pleinement dans la musique? » Depuis, c’est 15 ans d’aventures humaines et de tournées dans 22 pays du monde. C’est aussi plus de 10 albums, des séparations, des rencontres et surtout un collectif d’artistes réunis dans un seul esprit, celui de la démocratie.

Mais qui est Léo et pourquoi hurle-t’il ?

(Jojo) – Le groupe VRP a écrit une chanson appelée « Léo », à la fin de celle-ci, le chanteur prononce ces mots «Si encore de nos jours, on entend ce refrain, c’est qu’au fond de sa cour, un jour, un musicien, sans se douter du reste, cherchant un air nouveau, a écrit pour orchestre, les hurlements d’Léo!». Ce sont des amis très proches de nous, d’où cette idée!

La chanson de VRP – Léo ici – https://www.youtube.com/watch?v=RsLW5xNYZeQ

Aujourd’hui, après tous ces albums, ces séparations, ces aventures chevaleresques, peut-on dire que vous êtes une famille recomposée ?

(Jojo) – [rires] Oui, on peut le dire, mais l’idée est de garder l’esprit du groupe quoi qu’il arrive. Sachant que pour nous, l’identité du groupe repose sur la voix des deux chanteurs (Laurent Bousquet et Erwam Naour) qui sont différentes et complémentaires. Toute la musique se met au service du chant, on ne se met pas de barrière. C’est vrai qu’il y a eu des séparations, qui sont normales en 15 ans d’aventures. Nous passons beaucoup de temps ensemble, il est normal que parfois certains se lassent. Mais l’esprit du groupe reste le même, un esprit démocratique. Nous n’avons pas de leader, chacun s’exprime, on prend l’habitude de se concerter y compris pour ce qui est hors de la musique, choix des visuels, le choix du studio d’enregistrement… Nous avons ce côté nomade, on mélange nos esprits et cela reste rare de nos jours.
Votre nouveau projet, une tournée où vous reprenez des titres de Mano Solo. Pourquoi Mano Solo ? Avez-vous été amené à vous rencontrer ? 

(Jojo) – Mano Solo pour plein de raisons, au tout début, nous reprenions beaucoup de chansons de lui, il a bercé notre adolescence par son discours. C’est quelqu’un d’unique dans le paysage musical français, notamment par ce qu’il revendique et osait revendiquer. De nos jours, il y a beaucoup de groupes engagés mais peu comme lui l’a fait. Aujourd’hui, on s’aperçoit que cela nous manque de ne pas chanter ses mots et jouer ses mélodies. On ne peut pas revendiquer une amitié entre le groupe et lui car c’était quelqu’un de difficilement accessible, nous l’avons rencontré une fois sur la route seulement. Mais nous avons un immense respect pour l’homme, la musique et ses textes. Nous jouerons un mélange de toutes nos chansons préférées notamment « Il ne suffit pas de s’offusquer », « On vous aura prévenu ». La tournée débutera à l’automne, nous n’avons pas encore de dates fixes, elles seront communiquées en temps et en heure.

Les Ogres de Barbak, Mano Solo, La Rue Kétanou, Zone d’Expression Populaire ? Vous faîtes en quelque sorte parti du même courant musical. En quoi vous vous rapprochez ? Le côté revendicateur ?

(Jojo) – Je me sens plus proche des textes que de la musique, mais oui, on se rapproche des personnes qui disent la vérité, qui ne parlent pas que de leur nombril surtout avec tout ce qu’on entend de nos jours avec les mass’médias… Nous n’avons jamais été un groupe médiatisé car on exprime des choses qui dérangent, parce qu’on parle aux petites gens, de la vie quotidienne, on ne brille pas trop ! Mano Solo, par exemple, est un ovni car c’est un des rares qui a vendu beaucoup de disques en parlant de choses qui dérangent. C’est très difficile aujourd’hui pour un chanteur engagé de faire son trou. On se considère, finalement, comme alternatif. Aujourd’hui, nous sommes restés proches des gens parce-que cela fait 14 ans qu’on est tous intermittents du spectacle et qu’on fait de la musique. On est des héritiers de l’époque alternative des années 80 finalement.

Et Stromae alors ?

(Jojo) – Lui, c’est l’exception qui confirme la règle, il a tout compris ! Moi je n’aime pas spécialement l’esthétique mais c’est simple et efficace. Pour savoir faire cela, il faut connaître parfaitement l’essence même de la musique et la maîtriser.

Est-ce tentant le monde du luxe et de la jet-set ?

(Jojo) – Moi je pense pas, mais je n’en ai jamais eu l’occasion. Nous ce n’est pas du tout un monde qui nous attire. C’est un monde décalé qui n’est pas en accord avec nos valeurs, surtout lorsqu’on parle de thématiques telles que l’économie ou l’écologie !

Constat : la composition de votre groupe est exclusivement masculine. Où se trouve la part de féminité ?

(Jojo) – [rires] Qu’on soit tous blanc ce n’est pas un choix non plus! Plus sérieusement, la féminité se trouve chez chacun d’entre nous. Nous avons eu une violoncelliste, une autre personne qui s’occupait des lumières mais sur le long terme cela n’a pas marché. Ce n’est pas nous qui avons décidé. C’est plutôt elles qui se sont mises en retrait. Ce n’est pas une volonté idéologique de notre part mais vivre les uns sur les autres 24h/24h ce n’est pas facile à gérer et c’est la vérité. Nous ne faisons pas de casting, les groupes se forment suivant les rencontres et on voit ce que cela donne !

Écrit nostalgique et musique « jubilatoire » comme vous dites ? C’est votre façon à vous de fêter les drames ?

(Jojo) – Je peux dire deux choses. Si tu veux parler de la vie et de la réalité, c’est forcément un peu triste. Par contre, au niveau musical, nos influences sont plutôt Punk, Rock&Roll et donc énergiques. On ne voulait pas faire de la musique festive à la base, pourtant, avec les concerts, l’énergie reçue et donnée, notre musique est maintenant « jubilatoire ». Nous avons, cependant, toujours trouvé que nous étions un groupe triste, qui trouve dans la musique un exutoire. La musique est un défouloir, on communique en musique peut-être pour pallier nos problèmes de communication dans la vie courante [rires] !

Vous arrive-t-il parfois de vous lasser de la musique ?

Parfois oui, mais ce n’est pas de la musique que l’on se lasse, c’est plutôt le fait d’être souvent loin des siens, sur la route. On se lasse plus du côté humain car nous sommes toujours les uns sur les autres, par exemple lorsque nous sommes en phase de création. Mais nous jouons parfois ailleurs car quand ton groupe ne tourne pas assez, on est obligé de bosser ailleurs. Je joue dans un groupe appelé « El Comunero », qui reprend des chants révolutionnaires de la guerre d’Espagne. Nous avons tous des projets en dehors de celui-ci, d’autres donnent des cours de musique par exemple. C’est devenu de plus en plus dur de subsister, avant nous avions un salaire correct maintenant avec la conjoncture, c’est difficile. Nous avons le même salaire qu’il y a 10 ans, mais je relativise, le tout est d’avoir envie de se lever le matin !

Votre vision de la vie pour l’avenir est-elle pessimiste face à la conjoncture du monde actuel ? Une réaction par rapport à la montée du Front National aux dernières élections européennes ?

(Jojo) – Évidemment, personnellement, j’ai du mal à imaginer comment on peut s’en sortir aujourd’hui. Les gens sont directement responsables de ce qui se passe, et ils ne se remettent pas en question. Il y a du souci à se faire.
Par rapport aux élections, je garde toujours à l’esprit « Élections, piège à la con ». Si les élections servaient vraiment à quelque chose, alors se serait interdit ! Je comprends que les gens vont vers le populisme, leurs thèses sont tentantes on va dire… Mais relativisons, il y a 60% d’abstention et donc 10% d’électeurs qui ont voté Front National. L’Europe a été faite par des financiers, rien est normal mais tout est voulu comme ça et ce n’est pas étonnant. Il faut un grand choc pour que tout change, et ce que le peuple a voulu exprimer en votant pour le Front National, je suppose. Je n’approuve pas non plus l’abstention mais je la comprends… Depuis bien longtemps, on nous trompe, la gauche n’est pas ce qu’elle prétend, et finalement Hollande et Sarkozy font la même politique.

Radio éveil se définit comme la radio des ondes positives ? Quelques petits mots pour nous en donner ?

(Jojo) – Bien sûr ! Au niveau global, c’est compliqué, mais au niveau local, il y a plein d’initiatives prises au niveau de l’énergie, de la consommation et des circuits courts. La conjoncture est difficile et très maîtrisée mais on peut s’organiser au niveau local ! Prenons l’exemple des Zapatistes, un mouvement de paysans sans terre qui a monté une armée pour contrer l’armée oppressante mexicaine. Ils contrôlent des régions entières. Ce n’est pas facile ce qu’ils vivent mais tout ce qu’ils produisent, ils le partagent ! Autre exemple, le village de Marinadela en Espagne ! C’est une ville de 2800 habitants qui a élu un maire qui souhaite que le peuple participe à la vie de la cité. Ils ont réquisitionné 1200 hectares de terre pour cultiver et créer une conserverie. Tous les bénéfices sont réinjectés pour parfaire la vie au village. Les gens ont donc accès à beaucoup de services, des logements peu chers et un pouvoir d’achat plus élevé. L’anarchie va loin mais ce n’est pas le mot anarchie dans le sens « individualiste » dont je parle mais plutôt son sens premier : tout le monde participe de manière égalitaire à la vie de la cité et tout le monde en retire des bénéfices.

Chronologie du soulèvement Zapatistes ici : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/chronologie-du-soulevement-zapatiste_493279.html

« Marinela, phalanstère andalou dans une Espagne en crise » ici : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/HAFFNER/49520
La définition de votre spiritualité et bien-être ?

(Jojo) – Profite de la vie, profite des bonnes choses : un bon resto, un bon ciné ! On a quand même cette liberté là, il faut en profiter. Il faut se trouver des exutoires mais cela n’empêche pas qu’il faut être conscient de ce qui se passe autour de nous.

Merci Jocelyn !

Marion AMICO
Chroniqueuse musicale
Contact : amico.marion.radioeveil@gmail.com

Le site officiel des Hurlements de Léo : http://www.hurlements.com/
Le Facebook :https://www.facebook.com/Hurlements?fref=ts
Mano Solo en écoute sur Deezer : http://www.deezer.com/en/artist/1375

 

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