Quand un réalisateur (re)tourne à l’école : Alexandre Mourot s’intéresse à la pédagogie Montessori

INTERVIEW D’ALEXANDRE MOUROT – RÉALISATEUR DU FILM SUR L’ECOLE MONTESSORI : « LE MAÎTRE EST L’ENFANT »

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Le film « Le maître est l’enfant » a réussi son premier pari : le montant minimum de financement participatif nécessaire à sa production (50.000 euros) a été collecté, et est même à cette heure-ci, dépassé car nous en sommes à 88 152 euros pour 1 578 contributeurs… Avec encore quelques milliers d’euros en plus, le film pourrait alors sortir en salles !

Le réalisateur, Alexandre Mourot a auto-financé ce projet sur lequel il travaille depuis 2014 et cette collecte permettra d’effectuer la post-production du film, d’éditer et de distribuer les DVD. En fonction de la somme globale récoltée, des bonus seront ajoutés, voire la production enrichie par plus de moyens techniques.

Ce film documentaire veut mettre en avant la pédagogie des écoles Montessori, qui font de plus en plus d’adeptes à travers un réseau qui se développe doucement mais sûrement en France (199 sont recensées sur le site www.ecoles-montessori.com ).

Maria Montessori a mis au point au tout début du vingtième siècle une nouvelle pédagogie pour permettre à l’enfant de s’épanouir tout en consolidant ses apprentissages. Elle a eu l’intuition que plusieurs paramètres jouaient sur les apprentissages des enfants : grâce à la confiance que les éducateurs mettaient dans l’enfant et le soin qu’ils prenaient à constituer un environnement de travail riche, il grandissait naturellement en autonomie et en concentration et assouvissait sa curiosité et son désir et sa soif d’apprendre. Pour défendre les valeurs de cette pédagogie et en expliquer les principes, le réalisateur a choisi de suivre un éducateur d’une classe maternelle de 28 enfants, à Roubaix. Il a complété cette approche par la présentation des dernières recherches en neuro-sciences qui confirment l’intuition de Maria Montessori sur le fonctionnement de l’acquisition des connaissances chez l’enfant. Il a même été jusqu’à se former lui-même à la pédagogie pour les 3-6 ans.

Ce documentaire complet propose de montrer la vie quotidienne des enfants dans cette école, ponctuée par les explications d’une voix off et des archives sur le sujet.

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Source : http://www.montessori-lefilm.org/

Mais comment l’idée est venue à Alexandre Mourot, le réalisateur de ce documentaire ? Laissons-lui la parole pour un court échange, afin qu’il nous explique la genèse de ce film et les espoirs qu’il fonde sur son projet.

Alexandre, pouvez-vous nous dire comment a émergé l’idée de faire un film sur ce sujet ?

« C’est la naissance de ma première fille qui m’a fait m’intéresser à la question éducative. Tout d’abord hors de l’école évidemment et surtout dans ma relation avec elle. Que puis-je faire (ou ne pas faire) pour qu’elle soit la plus épanouie possible, qu’elle ait confiance en elle. Je me régalais de l’observer. Que fait-elle ? A quoi pense-t-elle ? Très vite j’ai compris l’importance de la qualité de la relation avec elle, même sans avoir beaucoup de temps à lui consacrer, et l’importance de son environnement : source de découvertes et de développement.

J’ai commencé à lire et me suis passionné d’abord pour la pédagogie Pikler visant le développement harmonieux des tous petits notamment par la liberté motrice, le rôle de l’adulte qui doit éviter de mettre l’enfant dans une posture qu’il n’est pas capable d’adopter par lui-même (cela permet de développer grandement la confiance et l’estime de soi). J’ai commencé à filmer ma fille et à imaginer un film… mais sans que je parvienne à trouver un axe narratif.  Ma fille a grandi, sa sœur est arrivée et c’est alors que j’ai découvert la pédagogie Montessori. J’ai été d’abord bouleversé par son regard sur l’enfance : la confiance, le respect profond de la personnalité et l’encouragement au développement naturel de ses capacités et l’ampleur de sa vision éducative : l’enfant, “le citoyen oublié” qui devrait être notre unique préoccupation pour amener la paix dans le monde. En approfondissant le sujet, j’ai voulu voir comment se pratiquait Montessori dans les classes et ai découvert qu’il n’y avait pas de films pour en témoigner. Or il me paraissait de plus en plus évident qu’il fallait faire connaître cette proposition pédagogique au plus grand nombre, c’est ainsi que je me suis décidé à faire ce film. »

 

Le travail de Maria Montessori est gigantesque sur le sujet, quelles sont les valeurs principales que vous souhaitez mettre en avant ? Quel public souhaitez-vous toucher ?

« C’est un film grand public (à destination des parents surtout) parce qu’on a tous à gagner à découvrir ne serait-ce que les concepts de la pédagogie Montessori. Ils permettent en effet de s’interroger sur nos relations avec les enfants et de les regarder avec plus de conscience et de confiance. »

 

Pourquoi avoir choisi une école Montessori (et pas une autre école « alternative ») et pourquoi précisément celle de Roubaix ?

« Parce que c’est cette pédagogie qui m’a intéressé et passionné et que c’est la seule que je connaisse. J’ai choisi de tourner dans la classe de Christian Maréchal à Roubaix tout d’abord parce qu’il m’a donné son accord après plusieurs rencontres et observations dans sa classe, que les parents étaient aussi d’accord, puis évidemment parce qu’elle représente bien les caractéristiques d’une “ambiance” Montessori : entre 28 et 35 enfants par classe, un éducateur bien formé, tout le matériel pédagogique disponible… et enfin parce qu’elle réunissait de bonnes conditions de tournage : salle spacieuse et lumineuse notamment. »

 

Filmer une classe de 28 enfants âgés de 3 à 6 ans n’a pas dû être anodin. Quels sont ses meilleurs souvenirs de tournage avec eux ? Les instants les plus difficiles ?

« Oui, ça n’a guère été facile car dans le documentaire, on filme le réel : filmer un enfant qui se déplace dans la salle sans que je sache son objectif, où il va s’installer (sur une table ou un tapis), combien de temps il va pratiquer son activité… Et il n’est guère facile de bouger dans une classe où il y a plein de tables, des enfants qui sont sur des tapis ou qui marchent…

Et surtout je voulais essayer d’être le plus transparent possible pour que les enfants agissent comme si je n’étais pas là. J’ai donc passé 3 semaines à seulement observer la classe, d’abord depuis une chaise, puis en me déplaçant un peu, puis avec un appareil photo en bandoulière, puis en prenant quelques photos…
J’ai plein d’excellents souvenirs. Un me revient en tête, tout au début : un petit garçon était en train de réaliser un petit dessin et je le filmais de manière assez proche. J’étais heureux car j’avais la sensation effectivement d’être devenu en quelque sorte invisible. C’est alors qu’une fois le dessin terminé, l’enfant s’adresse à moi : Tiens, c’est pour toi Alexandre ! Il était donc très conscient que j’étais là !!!

Les situations les plus difficiles survenaient quand j’avais l’impression d’avoir une excellente scène mais que venait gâcher un problème technique (plus de batterie par exemple) ou un enfant qui se mettait juste devant la caméra ! Mais la vie est comme ça ! »

 

Pour terminer sur ce beau projet, quels sont aujourd’hui les besoins matériels et financiers qui peuvent faire progresser cette aventure ? Comment peut s’impliquer le lecteur si ce sujet lui parle ?

« Il faut regarder sur la page internet du site : http://www.montessori-lefilm.org/ où les besoins sont décrits.
Je suis très heureux de voir que le projet bénéficie d’un fort enthousiasme puisqu’à ce jour, il est soutenu par près de 1400 personnes qui ont contribué à hauteur de plus de 78 000 euros. La bande annonce a été vue plus de 36 000 fois. Il ne reste plus que 22 000 euros à trouver pour parvenir à faire une grande sortie en salles.

Je remercie chaleureusement tous les coproducteurs et toutes les personnes qui m’aident à faire connaître ce film.

AM »

Nous remercions à notre tour sincèrement Alexandre Mourot de nous avoir accordé son temps pour permettre à nos abonnés d’en savoir un peu plus sur cette aventure, et pourquoi pas, leur donner l’envie de s’y impliquer.

Nathalie MANIER pour Radio Éveil.

 

Pour tout savoir sur le film :

www.montessori-lefilm.org

L’équipe complète : Christian Maréchal, l’éducateur des 3-6 ans, Catherine Mamecier Chef monteuse et Alexandre Mourot, le réalisateur. Et bien sur les 28 enfants de la classe !

 

Article et interview réalisés par : Nathalie MANIER

 

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